© PONANT Nicolas Matheus
croisière en méditerranée navire

Bateaux, escales, environnement : faire de sa croisière en Méditerranée une expérience de rêve

Par Ange 10 min. de lecture
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Quand on parle de croisière, il y a ceux qui vous répondent “très peu pour moi” ; et les autres, qui se verraient bien naviguer 7 à 10 jours dans la Grande Bleue, sur des petits palais voguant au gré des escales ensoleillées, d’îles en littoraux - en mode “all-inclusive”. Un peu cliché ? Sans doute. Encore faut-il être d’accord sur ce que l’on met derrière la notion de “croisière”. 

Selon l’ENS Lyon, qui publie une étude sur la croissance de ce mode de voyage en Méditerranée, la croisière est un “circuit maritime à fin de détente ou d'agrément à bord d'un paquebot ou d'un bateau de plaisance [...], qui peut s'appliquer à la fois à la plaisance privée, aux tours touristiques (excursions, dîner sur l'eau…) ainsi qu'aux circuits de plusieurs jours avec escales, à bord d'un navire de plus ou moins grande capacité (plus de 24m)"

C’est de ce dernier type de croisière que je vais vous parler ici, pour vous aider à y voir plus clair parmi les destinations, compagnies et offres de croisières en Méditerranée. N’hésitez pas à poster vos questions et retours d’expériences en commentaires, les autres lecteurs apprécieront ! 

Au sommaire
  • Les plus belles escales et destinations sur le pourtour méditerranéen 
  • Quelles îles méditerranéennes découvrir en croisière ? 
  • Les meilleurs bateaux de croisière sont écologiques et à taille humaine 
  • L’expérience d’une croisière de luxe à un coût accessible 

Les plus belles escales et destinations sur le pourtour méditerranéen 

Naviguer en Méditerranée, sans port d’attache, c'est comme feuilleter un carnet d’explorateur, où chaque escale est un nouveau chapitre racontant l’histoire, les paysages et les cultures du “berceau de la civilisation”. Pas étonnant donc que la Méditerranée soit depuis longtemps le second bassin maritime mondial pour les croisières. 

Certains ports, à l’image du Pirée, de Barcelone, de Venise, de Cagliari ou de Marseille occupent les premières places en termes de passage ; la plupart des croisiéristes en font des étapes obligées dans leurs circuits méditerranéens. Mais s’il fallait choisir, voilà mes “ports d’attache” préférés - et pourquoi vous devriez les envisager pour votre prochaine croisière. 

Barcelone, d’abord, m’a toujours fasciné ; flamboyante, belle comme peut l’être une capitale catalane en bord de mer, la cité séduit par son architecture foisonnante et variée, de Gaudi au style contemporain. On y mange terriblement bien, par exemple en passant par le bouillonnant marché de la Boqueria, ou attablé(e) dans les innombrables cantines à tapas cachées dans les rues barcelonaises ; en véritable amoureux du patrimoine, je peux passer ici des jours à arpenter les rues, du parc de la Ciutadella à la Casa Battló, en passant par la mondialement célèbre Sagrada Familia. 

croisière marseille ponant © ©StudioPonant - Marie Fontrier
Un bateau quitte le port de la cité phocéenne.

Sur le littoral provençal, Marseille se la joue clivante : entre histoire, modernité, chaos quasi napolitain, caractère brûlant, la ville phocéenne invite à la découverte du Vieux Port à la majestueuse basilique Notre-Dame de la Garde ou à la Cathédrale La Major, avec une halte obligatoire au Mucem (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, partenaire du croisiériste Ponant d’ailleurs). On passera forcément par le quartier du Panier (l'ancien quartier Corse) avant de se tourner vers les magnifiques - mais fragiles - Calanques.

Marseille provoque les émotions, sans aucun doute ; j’entretiens avec elle des rapports ambivalents, entre aversion pour son côté anarchique et admiration pour ses innombrables richesses. 

Direction ensuite mon île d’origine, la Corse, où les baies de rêve côtoient les golfes classés. Calvi, Ajaccio et Bastia garantissent des panoramas et un patrimoine infinis, les 3 anciennes cités génoises arborant fièrement leurs trésors historiques et naturels : la culture insulaire, d’abord, résistante et palpable partout, dans les conversations, les noms, les événements culturels et la gastronomie ; les citadelles et vieux quartiers rappellent des noms comme Christophe Colomb du côté de Calvi (plutôt une légende d’ailleurs), Napoléon dans la Cité Impériale ; le religieux enfin, dans toutes ses manifestations, des édifices romans et gothiques aux processions, toujours bien ancrées dans l’agenda local.

Plage de Calvi © Grondin Franck Olivier
La sublime vue sur la citadelle, depuis la plage de Calvi.

Je ne parle même pas des plages ou des villages nichés dans l’arrière-pays. L’Ile de Beauté s’est déjà faite sa réputation. 

Quant à l’île-soeur, la Sardaigne, que l’on s’amuse à apercevoir depuis les falaises bonifaciennes, elle promet d’étonner. Moins fréquentée par les Français, cette grande île que l’on dit façonnée par le pied de Dieu peut s’enorgueillir d’un patrimoine historique et artistique immense.

C’est même, à mon sens, un musée à ciel ouvert : civilisation nuragique, villes fortifiées, “murales” disséminées dans les villages les plus reculés… Je n’aurais jamais assez de lignes pour vous dire à quel point cette île est un bijou méditerranéen. Peut-être que votre bateau de croisière vous emmènera sur les rivages d’Alghero ou de Cagliari, la grande cité aux 4 quartiers exceptionnels. Et là aussi, je n’évoque pas les plages de rêve. 

Une traversée vers le continent italien s’impose certainement. On pense à Rome ; l’éternelle cité, indescriptible dans sa beauté antique et son melting-pot culturel. Quel régal pour les sens et pour l’âme !

Mais étonnamment, qu’on l’aime ou qu’on la déteste (il n’y a pas de compromis avec elle), c’est Naples où le croisiériste peut écrire des souvenirs indélébiles. Parmi les plus anciennes villes du monde, elle marie églises baroques, ruelles et places de chame, palazzi luxueux hérités de la noblesse et de la bourgeoisie du Rinascimento. Avec, en arrière-plan, le gardien au tempérament aussi volcanique que ses habitants, le Vésuve. 

Vous pourrez aussi jeter l’ancre aux abords de la plus grande île de Méditerranée, la Sicile, elle-même enveloppée d’archipels aux noms évocateurs : les îles éoliennes, Lipari au premier plan, ou encore Malte, à portée de bateau depuis les rives du Val di Noto. En Sicile, que dire… C’est un continent noyé de soleil, une terre mythique, où j’ai laissé mon coeur dès le premier séjour.

palazzo dei normanni palerme © Stefano Valeri
Le château des normands se dresse massivement dans le coeur historique de Palerme.

On ne se lasse pas de sa street-food, de ses vins puissants, de l’accueil de son peuple, de l’immense quartier historique de Palerme, des vestiges antiques disséminés aux quatre coins de l’île, des éclats “baroque tardif” de ses cités du sud-est, de sa “muntagna”, l’Etna, toujours visible à l’horizon, veillant sur la belle Catane. Les reportages publiés sur ce site lui rendront hommage de la meilleure des façons. 

Je passerais évidemment par la Croatie, au risque néanmoins d’être un peu surpris par l’afflux touristique de Dubrovnik, la cité méditerranéenne à la fois spectaculaire et “surtouristique” (selon les derniers chiffres de fréquentation publiés). Mais avec pour but de rejoindre le pays des dieux. 

La Grèce, quelle claque. Au cœur de la Méditerranée orientale, Athènes, la capitale des Hellènes, est une véritable mine d'or pour les amateurs d'histoire et de mythologie. Le majestueux Parthénon, qui surplombe la ville depuis l'Acropole, témoigne d'une civilisation qui a profondément marqué le monde. Mais ce serait lui faire affront que de la résumer à ça.

Je veillerais, si j’en ai la possibilité, à choisir une croisière qui propose un passage par l’artère continentale la plus frappante qui soit : le Canal de Corinthe. Une halte à Nauplie, à l’entrée du Péloponnèse, révèle l’empreinte romantique de la domination vénitienne sur cette ville adorée des Athéniens. 

bateau de croisière sur l'île d'Amorgos © ©StudioPONANT - L.Patricot
Un navire de croisière aborde Amorgos, joyau des îles grecques.

Et si d’aventure, le bateau pouvait me mener jusque sur les côtes de Crète, alors je prendrais le temps de visiter Heraklion, la Canée ou Rethymnon. Heraklion, en particulier, donne un aperçu unique au monde de l’une des plus anciennes civilisations méditerranéennes : le site archéologique de Cnossos, associé au Minotaure et au labyrinthe de Dédale. Une île mythique donc, qui n’a rien à envier à la Sicile ou aux plus beaux sites du continent grec. 

Istanbul, en Turquie, offre enfin un mélange unique d'orient et d'occident, avec des joyaux architecturaux comme la Mosquée bleue et le Palais de Topkapi, sans oublier le grand bazar pour les inconditionnels du shopping. Avec elle se terminera - ou débutera - votre croisière au fil des rivages de la Grande Bleue. 

Chaque escale en Méditerranée est un voyage en soi, une exploration de cultures distinctes mais interconnectées - après 20 ans, je me surprends encore à faire des liens entre des langues, des plats, des traditions. N'oubliez pas de laisser du temps pour l'imprévu, car ce sont souvent les rencontres inattendues et les découvertes spontanées qui font les souvenirs les plus précieux. 

Quelles îles méditerranéennes découvrir en croisière ? 

Leurs noms surgissent spontanément : Corse, Sardaigne, Sicile, Crète ou Chypre pour les plus grandes îles méditerranéennes ; Corfou, Malte, Rhodes, Eubée, Majorque, Minorque, Zante, Hvar ou Thasos pour les plus petites mais attirantes d’entre toutes. Sans parler des innombrables archipels qui constellent la Grande Bleue : Ioniennes, Eoliennes, Sporades, Cyclades… 

Ne m’en voulez pas si je ne m’attarde pas sur chaque île ici ! Je vous laisse à vos recherches, et surtout à vos discussions avec les agents des compagnies de croisières qui pourront dessiner votre circuit en fonction de vos préférences. Sinon, les centaines de reportages publiés sur ce site vous donneront une idée assez fidèle et inspirante des trésors méditerranéens. 

Petit coin de tranquilité sur les rives de la plage de Saliara © Ithaque
Un coin secret sur les rives de Saliara, à Thassos.

Les meilleurs bateaux de croisière sont écologiques et à taille humaine 

Lors de ma dernière escale à Ajaccio, ma compagne, qui découvrait mon île d’origine pour la première fois, s’est exclamée : “mais ils sont gigantesques ces bateaux !” Elle observait, les yeux écarquillés, le navire titanesque d’un croisiériste renommé, amarré devant la Cité Impériale qu’il éclipsait presque de sa masse imposante.

Presque autant que les locaux eux-mêmes, son effarement faisait écho à l’image de plus en plus critiquée des paquebots, véritables d’immeubles flottants, qui écument la Méditerranée, nuisances sonores et environnementales à l’appui. Les demandes de mise en place de quotas dans des ports comme Ajaccio ou Marseille, ou d’une zone d’émission contrôlée en Méditerranée (en projet pour 2025 semble-t-il), montrent bien que le sujet crispe. La course au gigantisme n’est de toute manière que le reflet trop visible du tourisme de masse. 

Heureusement, face aux mastodontes des mers, des alternatives existent, pour des croisières à taille humaine. Il y a bien sûr les solutions de traversée à la voile, sur des petits voiliers ou bateaux hybrides, et dont je vous ai déjà parlé sur Orizzonte.fr ; et les navigateurs en herbe peuvent aussi opter pour les “petits gabarits” de bateaux, transportant moins de 100 passagers, spacieux mais bien plus écologiques et discrets. On s’assure de vivre dans ce cas une expérience de croisière proche de celle d’un yacht privé. 

navire de croisière écologique du ponant © ©StudioPonant - Philippe&GuillaumePlisson (1)
Un navire de croisière du Ponant longe les falaises de Bonifacio.

L’exemple le plus marquant, pour plusieurs raisons, est celui de la compagnie du Ponant (que j’ai pu contacter pour compléter et illustrer cet article). Depuis plusieurs années déjà, le croisiériste s’est démarqué par l’innovation, à commencer par la flotte en elle-même : les navires affichent les normes environnementales les plus exigeantes du secteur maritime. Le label “Cleanship” en témoigne.

Dans ses engagements, Ponant œuvre continuellement à minimiser les émissions d’azote et d’oxyde de soufre et ses émissions de CO² (la principale critique émise à l’encontre des bateaux de croisières à l’heure actuelle), éliminer le plastique à usage unique, valoriser et tracer tous les déchets. Plus remarquable encore : certains bateaux embarquent des scientifiques, dans le cadre de la Fondation Ponant, qui participe à des programmes d’étude et de préservation des océans, dont la création d’aires marines protégées. 

En plus d’un confort inégalé à bord, les croisiéristes qui voyagent avec cette compagnie ont donc la chance, selon les périodes et circuits, de pouvoir rencontrer des experts internationaux issus du monde de la Science ou de la Culture. A vous de vous faire votre avis ! 

L’expérience d’une croisière de luxe à un coût accessible 

La variété des itinéraires de croisière dans la Grande Bleue, comme la qualité globale de l’expérience de navigation, impliquent un large éventail de budgets pour les voyageurs. De fait, vous trouverez autant d’offres que de croisiéristes, du plus “discount” au plus luxueux. Evidemment, les conditions de voyage, le standing des navires et l’impact environnemental sur les territoires traversés varient énormément ; difficile de donner des prix précis sans le contexte du voyage, encore plus si on tient compte des opérations commerciales. Alors à quoi s’attendre ? 

Si vous êtes un voyageur en mode low-cost, une croisière de 7 jours en Méditerranée occidentale est au plus bas de l’ordre de 600€ par personne (pour une croisière d'une semaine en basse saison sur un méga-bateau), hors excursions à terre. Ce tarif peut rapidement dépasser 1500€ par personne en haute saison, selon le niveau de confort souhaité et les options choisies. La Méditerranée orientale, qui regroupe des destinations comme la Grèce, la Turquie et Chypre, tend à être un peu plus abordable. Et je ne parle là que des compagnies grand public, avec leurs navires gigantesques ! 

D’autant que les prix que je prends en exemple ne couvrent généralement que l'hébergement à bord, l'accès aux installations du navire comme la piscine et le centre de fitness ; éventuellement la restauration. Ca n’inclut souvent pas les boissons, les pourboires, les frais de voyage pour se rendre au port de départ, ni les activités à terre qui peuvent ajouter plusieurs centaines d'euros à votre budget total. 

Si vous êtes comme moi, difficile de partir sur une expérience à prix cassé à bord d’un géant des mers, au risque de regretter mon séjour en mer ; confort, hospitalité et conscience “durable” sont indispensables avant d’envisager d’embarquer sur un bateau pour 7 à 10 jours. 

De ce point de vue, la compagnie du Ponant propose le nec-plus-ultra de la croisière méditerranéenne : avec des trajets allant de 3 000€ à 6 000€ environ par personne, des itinéraires loin des grandes routes touristiques, un hébergement 5* et un nombre de passagers restreint, il n’y a aujourd’hui pas de meilleure option à mon sens pour naviguer de port en port dans la grande bleue. Sauf, bien sûr, à s’offrir une virée en catamaran avec skipper ; mais c’est une autre aventure. 

Tout est une question de standing et de vie à bord, peut-être plus encore qu’à terre. Car dans une croisière, vous êtes entouré(e) d’eau et embarqué(e) pour une semaine a minima. 

Si je devais vous donner un dernier conseil : prévoyez un budget additionnel pour les dépenses personnelles, et éventuellement une assurance voyage en supplément. Avec une bonne organisation, une croisière en Méditerranée peut être à la fois un voyage de rêve et un investissement raisonné.

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